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Supprimer les voitures de fonction : retour d’experience d’entreprises

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À l’heure où la transition écologique s’impose comme un impératif incontournable, les entreprises s’interrogent sur la pertinence de maintenir les voitures de fonction dans leur politique RH et mobilité. Ce mode de transport, longtemps perçu comme un signe de reconnaissance et un avantage concurrentiel, fait face à des remises en question importantes, notamment en raison des coûts exponentiels liés à leur gestion et de leur impact environnemental. Plusieurs sociétés, confrontées à ce dilemme, partagent leurs expériences sur la suppression des voitures de fonction, révélant à la fois des défis organisationnels et des opportunités pour repenser la mobilité des collaborateurs.

Dans ce contexte, la montée en puissance des alternatives telles que la car allowance, les crédits mobilité ou les transports alternatifs, conjuguée à l’évolution législative renforçant les exigences environnementales, redessine le paysage des flottes automobiles d’entreprise. Les dirigeants doivent désormais trouver un équilibre subtil entre réduction des coûts, maintien de l’attractivité auprès des talents et engagement RSE.

  • Hausse significative des coûts liés aux véhicules de fonction, notamment en assurance, entretien et fiscalité.
  • Complexité croissante de gestion avec la nécessité d’intégrer des flottes multi-énergies (thermique, hybride, électrique).
  • Impact social et RH : la suppression d’un avantage perçu comme précieux engendre des resistances et nécessite des compensations adaptées.
  • Transition écologique : les entreprises doivent jouer un rôle clé dans la décarbonation de la mobilité professionnelle.
  • Solutions hybrides : vers une mobilité durable combinant plusieurs options afin d’optimiser l’usage des ressources.

Les défis croissants de la gestion des voitures de fonction pour les entreprises

Depuis plusieurs années, le coût global des voitures de fonction explose au vu de la hausse constante des tarifs d’achat, d’assurance et d’entretien, impactant lourdement la rentabilité des parcs automobiles. En 2026, cette tendance se confirme avec des tensions supplémentaires liées à la transition énergétique qui oblige les entreprises à complexifier leurs flottes en intégrant des véhicules électriques et hybrides rechargeables.

Cette hybridation des flottes se traduit par des exigences accrues tant sur le plan logistique que budgétaire. Pérenniser la gestion d’une flotte mixte impose des investissements conséquents dans des infrastructures, notamment l’installation de bornes de recharge adaptées, sans compter les choix technologiques parfois difficiles face à une offre encore hétérogène sur le marché. Ces contraintes soulignent l’importance de repenser la politique automobile, notamment en envisageant la suppression progressive des voitures de fonction traditionnelles.

Une explosion des coûts de gestion à plusieurs niveaux

Les coûts d’assurance ont connu une envolée importante ces dernières années, amplifiée par la montée des sinistres et l’augmentation des tarifs liés à la nouvelle fiscalité sur les véhicules thermiques. Parallèlement, les frais d’entretien, de réparations et de gestion administrative augmentent en raison de la diversité des technologies et des exigences réglementaires, rendant la maintenance des parcs toujours plus complexe et coûteuse.

Enfin, la pression fiscale incite les entreprises à revoir leurs choix, car la réforme récente de la Taxe sur les Véhicules de Sociétés (TVS) accentue la surcharge financière pour les véhicules émettant des gaz à effet de serre, poussant à privilégier les faibles émissions.

Vers une transformation inévitable des politiques de mobilité

Dans ce contexte, plusieurs organisations adoptent des alternatives à la voiture de fonction classique, qui peuvent prendre la forme de car allowance ou de crédits mobilité, offrant aux salariés un budget qu’ils gèrent eux-mêmes pour leurs besoins de déplacement. Cette solution présente l’avantage d’alléger la gestion pour les équipes internes tout en apportant plus de souplesse aux collaborateurs.

Néanmoins, cette démarche n’est pas sans conséquence. Transférer le choix et la responsabilité du véhicule au salarié peut générer des disparités, notamment entre zones urbaines et rurales, selon les capacités financières individuelles et l’accès aux infrastructures. Il convient aussi de gérer soigneusement les indemnités kilométriques et leur fiscalité, domaine souvent source de litiges, comme le souligne le retour d’expérience de nombreuses entreprises dans le secteur.

Retour d’expérience des entreprises sur la suppression des voitures de fonction

De nombreuses sociétés françaises ont tenté, à des degrés divers, de réduire ou de supprimer leurs voitures de fonction, partageant ainsi un panel d’expériences enrichissantes pour la réflexion collective. Si le souhait de réduire les coûts et de s’inscrire dans une démarche plus verte constitue le moteur majeur, la réalité de terrain révèle des enjeux humains et organisationnels importants.

Impact sur la motivation et la fidélisation des collaborateurs

Dès l’annonce de la suppression, l’un des premiers constats est une perception souvent négative du changement. La voiture de fonction, souvent considérée comme un avantage salarial prestigieux, est intimement liée à l’image de réussite professionnelle. Sa disparition, même compensée financièrement, est parfois perçue comme une perte de pouvoir d’achat ou un signe de désengagement de la part de l’employeur.

Certaines entreprises rapportent qu’il est vital d’accompagner cette suppression par une communication transparente et un dialogue approfondi. Proposer des alternatives attractives, incluant transports alternatifs, télétravail ou aides à la mobilité durable, permet de limiter les frustrations et de maintenir l’engagement des équipes.

Exemples d’initiatives réussies

Un groupe de la tech a instauré un crédit mobilité flexible, combinant un budget pour le covoiturage, les transports publics et la location ponctuelle de véhicules en libre-service pour les besoins professionnels. Cette vision globale évite l’effet rupture du retrait de la voiture de fonction, tout en favorisant une réduction sensible des coûts et de l’empreinte carbone.

Par ailleurs, des cabinets de conseil ont expérimenté la suppression pure et simple des véhicules sans compensation financière stricte mais avec un renforcement des options télétravail et une meilleure accessibilité aux transports en commun. Les résultats soulignent une baisse modérée de la satisfaction initiale compensée sur le long terme par une meilleure qualité de vie au travail.

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Le rôle essentiel des entreprises dans la transition écologique via la politique automobile

Les grandes entreprises françaises détiennent une influence majeure sur le parc automobile national, représentant environ 60 % des ventes de véhicules neufs. Ceci en fait des acteurs stratégiques pour la réduction de l’impact environnemental du secteur des transports, qui demeure la première source d’émissions de gaz à effet de serre en France.

La loi impose déjà depuis 2019 un quota minimal de véhicules à faibles émissions, mais le respect de cette obligation fait face à de nombreux défis. En 2026, on constate que près de 60 % des entreprises concernées peinent à atteindre leurs objectifs, freinées par des obstacles liés à la disponibilité des modèles adaptés, au coût et à l’infrastructure de recharge insuffisante.

Encourager la flotte électrique : un levier multiplier de l’impact environnemental

Alors que certains grands groupes tels qu’EDF et La Poste affichent des taux remarquables d’électrification (respectivement 40 % et 46 % de leurs nouvelles immatriculations), beaucoup d’autres tardent à verdir leur flotte, ce qui freine notablement le développement des véhicules propres sur le marché de l’occasion. Or ces derniers constituent la porte d’entrée principale pour les particuliers vers une mobilité durable.

Entreprise % Véhicules électriques neuf (2023) Objectif légal Actions clés
EDF 40% 20% en 2025 Engagement fort vers la LLD électrique et bornes recharge
La Poste 46% 20% en 2025 Déploiement de véhicules utilitaires électriques et hybrides rechargeables
Mouvement Global 15% 20% en 2025 (non atteint) Développement en cours d’infrastructures et sensibilisation

Ce contexte souligne que la suppression totale des voitures de fonction sans plan clair de verdissement peut s’avérer contre-productive sur le plan environnemental. La responsabilité sociale et environnementale impose une réflexion nuancée.

Des alternatives innovantes pour repenser la mobilité en entreprise

La suppression des voitures de fonction ne doit pas se faire au détriment de la fluidité et de la qualité de la mobilité professionnelle. Plusieurs solutions hybrides ont émergé, combinant flexibilité, durabilité et économies, tout en contribuant à la réduction globale des déplacements individuels motorisés.

Des politiques intégrées pour une mobilité durable

Les entreprises mettent désormais en place des plans mobilité globaux encourageant l’usage combiné de transports en commun, vélos, covoiturage et autopartage. Cette approche multimodale favorise non seulement l’engagement des collaborateurs mais aussi une meilleure gestion des coûts via la diminution des frais liés aux flottes classiques.

Dans ce cadre, la car allowance apparaît comme un outil complémentaire, permettant aux salariés de choisir librement leur moyen de transport tout en restant responsables de leur budget mobilité. Ce système, quand il est bien encadré, assure une polyvalence bienvenue entre contraintes professionnelles et préférences personnelles.

Simulateur d’indemnités de car allowance

Estimez l’indemnité de car allowance selon la distance entre votre domicile et votre lieu de travail, ainsi que le type de véhicule utilisé.

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L’accompagnement au choix des véhicules verts et adaptation au télétravail

En parallèle, des programmes d’aide à l’acquisition ou à la location de véhicules électriques ou hybrides rechargeables sont proposés, avec un focus sur la formation des salariés aux nouvelles technologies. Cette démarche favorise une adoption plus rapide et éclairée des mobilités alternatives.

De plus, le recours au télétravail permanent ou partiel réduit naturellement la nécessité de déplacements fréquents, renforçant l’impact positif sur l’empreinte carbone de l’entreprise et les conditions de vie des salariés.

Les entreprises disposent donc d’un large éventail d’outils pour gérer au mieux la transition, tout en maintenant la satisfaction et la productivité des collaborateurs.

Quels sont les avantages et inconvénients de supprimer les voitures de fonction ?

La suppression réduit les coûts et simplifie la gestion, mais peut impacter négativement l’attractivité et générer des inégalités entre salariés selon leur accès à la mobilité.

Comment les entreprises compensent-elles la suppression des voitures de fonction ?

Elles proposent souvent une indemnité de mobilité ou car allowance, couplée à un accompagnement pour choisir des alternatives adaptées, telles que véhicules électriques ou transports en commun.

Quel est l’impact environnemental de la suppression des voitures de fonction ?

Elle peut freiner la transition écologique si elle n’est pas accompagnée d’un plan de verdissement efficace, car les entreprises jouent un rôle clé dans le développement des voitures électriques.

La suppression des voitures de fonction est-elle applicable à tous les secteurs ?

Elle est plus facile dans les secteurs avec peu de déplacements professionnels fréquents. Des secteurs critiques nécessitent encore des solutions adaptées, souvent hybrides.

Quelles alternatives aux voitures de fonction sont privilégiées ?

Les transports alternatifs, le télétravail, le covoiturage, l’autopartage, ainsi que des car allowances encadrées font partie des solutions souvent mises en place.

Fatou Diallo

Écrit par

Fatou Diallo

J'ai grandi à Tourcoing et j'ai passé dix ans à accompagner des personnes en situation de handicap et de précarité dans la métropole lilloise. Au fil de ces rencontres, j'ai réalisé à quel point ne pas avoir de voiture pouvait isoler — du travail, des soins, de la vie tout court. En 2024, j'ai co-fondé Lilas Autopartage avec Amandine et Thomas, avec une conviction : la mobilité partagée doit être accessible à tous. Je m'occupe des partenariats avec les structures sociales du territoire et de notre communauté d'utilisateurs.